samedi 26 octobre 2019


Si tu tardes
Peut-être par paresse
Du creux des soies
Rougies par la nuit

Si tu tardes
Vers cet homme épris
Les feuillages d’automne
L’envie te chuchoteront

Si tu tardes
Peut-être insouciante
Les lèvres offertes
Jusque l’étourdissement

Vois-tu si tard
Encore une heure
Le soir embrassera
La mélodie de ta peau

Et je reviendrai toujours
Enjamber tes secrets
Enflammer ton cœur
Dans l’éternité de l’amour

© Thierry Crépin-Leblond 26 octobre 2019




mardi 22 octobre 2019


Souvenir

Sous l’encre iodée des mots,
J’écris l’automne dérivant
A cœur qui file au vent
Sur le chemin de notre hameau.

C’est sinon cette Byzance,
Peut-être cette gorge serrée,
Comme portée par la marée
Dans le tumulte de nos sens…

Sinon Byzance ? une ville
De vapeurs, fumées et jardins,
De vacarmes en diners mondains,
Feutrés, où je découvris vos cils,

Levés, clairière ensoleillée
Au lustre ripolin d’un regard,
Je m’accrochai à votre fard
Étais-je fou ou tant effrayé ?

Que de Byzance en vos yeux,
La richesse éternelle de l’âme
Et la vôtre, au parfum de femme,
Portait déjà cet amour gracieux.

Les jours à l’égouttoir du temps
Perlent sans cesse de bonheur,
Il n’est des heures sinon de douceurs
Sans le souvenir de cet instant…

Magique.

©Thierry Crépin-Leblond 23 octobre 2019
Illustration : « Flora » Le Titien ( Tiziano Vercellio 1488-1576)






vendredi 11 octobre 2019


Quelquefois dans le noir, sur l’escalator du paradis, je chante à la ronde des lunes, ces mots au bleu de ton cœur…

un soupir grinçant
d’un matelas cubain
qui fredonne sur nos humeurs
et tu souries insouciante

l’éclair sur ton visage
comme un cachet nacré
d’aspirine fondant solitaire
égaré dans l’océan

et c’est une myriade
tel un ultime cri
de nos étoiles bergères
qui nous tissent la toile

ces laines envoûtantes
dans la douce candeur
d’une chambre jaunie
je veux dire d’incandescence

ce sont encore des souvenirs
et le bleu qui roule
en larmes infernales
sur les reins de tes joues

et l’aube feignant d’intervenir
je soupire au germe du désir
ces mots d’un autre poète
d’un temps innocent que j’ignore :

«Aime-moi,
Car, sans toi,
Rien ne puis,
Rien ne suis. »
Paul Verlaine


©Texte Thierry Crépin-Leblond 11 octobre 2019
Illustration : Marc Chagall « Les amants bleus »